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Cranberry, probiotiques… Comment prévenir les infections urinaires? 

Les infections utinaires gâchent la vie de plus d’une femme sur deux. En cas de cystite à répétition, il est possible d’espacer les crises douloureuses et invalidantes en adoptant certains comportements.

La cystite est l’infection urinaire la plus fréquente chez la femme. Au moins une femme sur deux est touchée par cette infection au cours de sa vie. Mais pour un tiers d’entre elles, les douleurs dans le bas du ventre, les brûlures en urinant, l’envie pressante et fréquente d’aller aux toilettes se répètent plusieurs fois dans l’année. Un calvaire causé en grande partie par la célèbre bactérie Escherichia coli, naturellement présente dans le tube digestif.

«La cystite est une infection éminemment féminine pour des raisons anatomiques, indique le Dr Isabelle Tostivint, néphrologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP). Elle possède un urètre - le canal par lequel s’écoule l’urine - plus court que l’homme. L’ascension des germes vers la vessie est donc plus aisée chez la femme.» Ainsi, entre 20 et 50 ans, les infections de la vessie sont 50 fois plus fréquentes pour la gent féminine.

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Grâce à ses petits crampons, la bactérie E.coli s’accroche à la paroi de l’urètre et de la vessie où elle se multiplie. D’autres germes comme Klebsielles ou Proteus peuvent aussi causer cette infection douloureuse. Toutes ces bactéries ont développé une résistance contre les antibiotiques ces dernières années. «Certaines sont même capables de se nicher dans les cellules de la vessie et entrer en quiescence (en repos NDLR)», indique le Pr Franck Bruyère, chef du service d’urologie du CHRU de Tours.

Autant de parades qui menacent le succès des traitements des infections urinaires, et en particulier celui des cystites récidivantes. «Et bien que ces infections soient banales la plupart du temps, la récurrence des épisodes peut aboutir à des complications comme la pyélonéphrite, une infection du rein potentiellement mortelle», souligne le Dr Tostivint.

Espacer les crises

Prévenir la répétition des infections est alors l’objectif numéro un. Boire plus de 2L d’eau par jour, aller régulièrement faire pipi et s’essuyer d’avant en arrière sont les premiers conseils délivrés aux patientes. Il est aussi recommandé d’éviter l’usage de spermicides, le port de vêtements serrés et d’arrêter de fumer. «Nous conseillons aussi aux femmes de se laver seulement une fois par jour et de ne pas utiliser les lingettes ou déodorants pour zones intimes. Il est important de retrouver l’acidité urinaire», explique le Dr Isabelle Tostivint qui a créé un atelier d’éducation thérapeutique à la Pitié Salpêtrière à destination des femmes atteintes de cystites récidivantes. Elle précise, par ailleurs, que la prise de citrate de potassium est absolument à éviter car il augmente le pH des urines.

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Mais qu’en est-il des gélules à la canneberge ou les probiotiques? Pour les deux spécialistes, ces produits peuvent avoir leur place en prévention. «La canneberge abaisse le pH urinaire et a un effet antiadhésif qui empêche E. coli de s’accrocher aux parois vésicales. Donc théoriquement, elle peut être intéressante pour les femmes particulièrement vulnérables à cet agent pathogène», explique la néphrologue.

Un avis que semble confirmer une étude française baptisée Cysdua à laquelle a participé le Pr Bruyère. Ces travaux menés en double aveugle (les médecins et les participantes ne savaient pas ce que contenaient les comprimés) ont montré l’intérêt de la petite baie rouge chez les femmes sujettes aux cystites récidivantes causées par E.coli. «Durant les 3 premiers mois de traitement, près de la moitié des femmes ayant reçu de la canneberge n’ont pas fait de cystite contre plus d’un tiers dans le groupe placebo», commente l’urologue. L’efficacité de la canneberge serait liée au proanthocyanidines (PAC). Mais les bienfaits se révéleraient à condition de consommer 36mg de PAC par jour. Un dosage que l’on ne retrouve pas dans les boissons vendues en supermarchés mais dans certains compléments alimentaires vendus en pharmacie.

Les deux spécialistes recommandent aussi l’usage de probiotiques pour restaurer la flore vaginale perturbée par la prise répétée d’antibiotiques. «On peut utiliser des probiotiques locaux qui apportent des lactobacillus», indique le Dr Tostivint. Et de poursuivre: «En adoptant ces différents comportements sur le long terme, on peut diminuer la dose d’antibiotiques et traiter seulement si les symptômes sont trop sévères.» Les deux médecins insistent toutefois sur la nécessité de consulter en urgence un médecin si de la fièvre, ou une grande fatigue persite.

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