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Dans l’Eure, voici les praticiens de la maison de santé Simone Veil à Louviers

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Anticipation ! C’est le mot d’ordre de la maison de santé (où maison médicale) Simone Veil inaugurée lundi 15 octobre 2018. Ouverte depuis le 9 octobre, celle-ci offre un espace de travail neuf pour les professionnels de santé qui y sont implantés, mais aussi des perspectives pour la commune.

Les trois médecins généralistes qui étaient rassemblés auparavant au 15 du boulevard Clemenceau ont décidé de poursuivre leur collaboration. Les Drs Pascal Julienne, Nathalie Souchet et Dominique Desdouits sont donc le cœur de cette maison de santé, située au 4, rue du Commandant l’Herminier à Louviers, en face de la station-service Esso.

« On aime travailler en équipe, c’est plus agréable sur le plan humain et plus enrichissant sur le plan professionnel », note ce dernier. Leur autre volonté est de préparer l’avenir. « On est vieillissant, poursuit Dominique Desdouits. Il faut prévoir les choses en amont. Moi, j’ai 60 ans et je pense partir en retraite d’ici cinq ans. »

Démographie médicale vieillissante

Pascal Julienne (57 ans) et surtout Nathalie Souchet (47 ans) ont plus de temps mais sont dans le même état d’esprit. Les trois médecins s’accordent : « Les jeunes diplômés ne veulent plus s’installer seuls. La seule solution pour les attirer et pour garantir que quelqu’un prendra notre suite est de se rassembler dans un lieu agréable, moderne et en collaboration avec d’autres professionnels de santé. »

C’est la raison pour laquelle ils sont allés frapper à la porte du maire, François-Xavier Priollaud (MoDem). « On ne va pas attendre le jour où ils partiront à la retraite pour réagir », reconnaît l’édile qui indique que « 62 % des 14 médecins généralistes de Louviers ont plus de 55 ans. » L’idée est donc de « créer un écosystème favorable à la santé, un environnement qui permet d’attirer de nouveaux médecins. »

Dix professionnels de santé
La maison de santé Simone Veil accueille actuellement dix professionnels de santé. Il y a trois médecins généralistes, un médecin adjoint, quatre orthophonistes, une sage-femme (la seule de Louviers) et une infirmière de santé publique ASALÉE. À noter que deux autres médecins adjoints vont arriver.

C’est à Céline Leman, conseillère municipale déléguée à la Famille et à la Santé, qu’est revenue la tâche de mener ce dossier. Un hommage particulier lui a été rendu lors de l’inauguration, elle qui est affectueusement appelée « la mère de la maison médicale de Louviers. »

Et le maire de s’attaquer, dans son discours, aux critiques éparses arrivées jusqu’à ses oreilles :

« Certains, à très courte vue, disent que ce n’est pas une nouvelle maison médicale car les trois médecins étaient déjà à Louviers. L’idée est d’avoir réhabilité un lieu qui est trop grand pour vous [dans les anciens locaux des Assedic et de Pôle emploi, lire ci-dessous, N.D.L.R.]. Ce n’est pas en claquant des doigts que l’on va attirer des médecins chez nous, c’est en allant les convaincre de venir. Cette maison médicale est un point de départ, pas un aboutissement. »

Les trois médecins adjoints

Aux côtés des Dr Pascal Julienne, Nathalie Souchet et Dominique Desdouits, trois médecins adjoints sont également présents. L’un est déjà arrivé (David Jeanne) et les deux autres sont attendus sous peu (Apolline Sakezin et Marion Sorel). Leur statut est particulier. Ce sont des futurs médecins en cours de thèse ; en cela ils se distinguent des collaborateurs qui, eux, sont docteurs en médecine. Ces trois médecins adjoints sont aptes à faire des diagnostics et des prescriptions. Ils seront présents quelques jours par semaine à la maison de santé Simone Veil et permettront l’accueil de nouveaux patients (lire ci dessous).

Les médecins généralistes accueillent de nouveaux patients !
Les trois médecins généralistes de la maison de santé peuvent désormais accueillir de nouveaux patients. Ceci grâce à leurs trois adjoints qui prennent en charge une partie de la patientèle. Ces derniers peuvent prescrire – avec les feuilles de prescription de leur médecin référent – et soigner mais restent sous la responsabilité administrative (non médicale) des trois médecins généralistes en poste.
« On prend des patients qui n’ont pas de médecin généraliste, on n’est pas là pour récupérer la patientèle des collègues », tempèrent les médecins référents.

Il y a une orthophoniste de plus à Louviers.

Dans une autre partie de la maison de santé se situent les cabinets des quatre orthophonistes. Nathalie Julienne, Katia Le Moël et Virginie Perrier-Saigre exerçaient déjà ensemble à Louviers, dans la rue Saint-Jean. Elles ont fait leurs valises pour cette nouvelle maison de santé, récupérant au passage un collègue de plus, Barbara Konto, ancienne de la clinique La Lovière, à Louviers. « Mais j’ai été remplacée, ce qui fait qu’il y a une orthophoniste de plus à Louviers », sourit-elle. Ce qui n’est pas du luxe, tant la demande est forte. « On a entre un an et un an et demi d’attente, sauf pour les situations urgentes où c’est plus court », avancent-elles. Autre avantage à leurs yeux : « L’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite est un point important. »

Trois places de libres

Une sage-femme a également son bureau dans la maison de santé. Il s’agit de Christine Charpentier, qui était précédemment dans la rue Constant Roussel. Elle qui exerce depuis dix ans souhaitait « travailler avec d’autres professionnels, avoir plus d’espace et des locaux fonctionnels ». À noter que c’est la seule sage-femme de toute la ville.

Enfin, une infirmière de santé publique, Angélique Herelle, complète l’équipe en place.

Actuellement, trois bureaux sont inoccupés et attendent donc l’arrivée de nouveaux praticiens, idéalement des généralistes. Mais des spécialistes sont aussi les bienvenus. « On n’a pas de pédiatre à Louviers », remarque le maire qui rappelle la carence d’ophtalmologiste et de dermatologiste. Quant à un éventuel kinésithérapeute, les trois médecins sont formels : « Les cabinets ne sont pas assez grands. En revanche, cela pourrait convenir à un diététicien, un psychologue ou une autre infirmière. »

1,45 M € pour cette maison de santé
C’est le coût total de cette maison de santé. Près de 460 000 € ont été dépensés par la Ville de Louviers pour acquérir (après l’avoir préempté) le bâtiment des anciens Assedic. À cette somme s’ajoutent 990 600 € de travaux de réhabilitation et d’aménagement. Sur l’ensemble, l’Union européenne a octroyé une enveloppe de 615 741 € précisément, via la Région Normandie, à travers le Fonds européen de développement régional (FEDER). « C’est près de 80 % du total des travaux de réhabilitation », souligne François-Xavier Priollaud qui l’affirme sans ambages : « S’il n’y avait pas eu cette aide de l’Europe, on n’aurait pas fait cette maison médicale. Quand j’entends dire que l’Europe est nulle, qu’elle est éloignée des grandes préoccupations des citoyens, ceci prouve le contraire. Il n’y a pas besoin de faire de grands discours. C’est de l’argent bien dépensé. »

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