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Homéopathie: l’avis de la Haute autorité de santé repoussé au printemps

La Haute autorité de santé (HAS), chargée par le ministère de la Santé d'évaluer le bien-fondé du remboursement de l'homéopathie, a annoncé mercredi qu'elle ne rendrait son avis qu'au "printemps", et non en février comme prévu, en raison notamment de l'ampleur du travail d'évaluation à accomplir.

"Nous faisons au mieux pour aboutir au plus près du délai affiché dans la saisine de la ministre (soit fin février, NDLR). Nous tablons sur le printemps", a-t-on indiqué à la HAS, confirmant une information du magazine L'Express de mercredi.

"C'est un travail immense d'évaluer l'homéopathie et son maintien au remboursement", a fait valoir l'autorité publique indépendante, dont l'avis est consultatif.

"Le service d'évaluation des médicaments essaie de le faire avec la plus grande rigueur et une ouverture la plus grande possible, pour ne pas passer à côté d'éléments qu'on pourrait lui reprocher de ne pas prendre en compte", a-t-elle ajouté, soulignant qu'il existait plus de 1.000 souches de ces granules appréciés des Français.

Le ministère de la Santé a saisi la HAS fin août pour connaître son avis "quant au bien-fondé des conditions de prise en charge et du remboursement des médicaments homéopathiques", précisant attendre des conclusions "d'ici la fin du mois de février 2019".

Controversée au sein du corps médical, l'homéopathie consiste à administrer des substances en quantité infinitésimale, dans l'espoir de guérir. Certains médicaments sont remboursés à hauteur de 30% par l'Assurance maladie, bien que leur efficacité n'ait pas été évaluée scientifiquement.

La Haute autorité de santé a effectué une revue de la littérature scientifique internationale (études scientifiques, avis de sociétés savantes, recommandations d'autorités sanitaires d'autres pays, etc.) et s'apprête à lancer "dans les jours qui viennent" un appel à contribution pour recueillir les arguments de toutes les parties prenantes.

Dans L'Express, 130 professionnels de santé, membres des académies de médecine, de pharmacie et des sciences, publient une tribune estimant que "la collectivité n'a pas à prendre en charge l'homéopathie", qui "n'a pas fait la preuve de son efficacité sur la base de démonstrations vérifiables et objectives". Ils jugent également que cette discipline "ne doit plus être enseignée dans les facultés de médecine et de pharmacie".

Le budget 2019 de la Sécurité sociale, adopté définitivement lundi par le Parlement, prévoit par ailleurs dans son article 42 que "les règles de prise en charge par l'assurance maladie des médicaments homéopathiques (...) sont définies par décret en Conseil d'Etat".

Ce décret, dont on ne sait pas encore quand il sera publié, précisera "notamment la procédure et les modalités d'évaluation ou de réévaluation de ces médicaments" par la HAS.

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