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Plantes invasives.  Nuisibles et dangereuses pour la santé

La berce du Caucase, dont le contact est indolore au premier abord, peut provoquer des brûlures au troisième degré. La berce du Caucase, dont le contact est indolore au premier abord, peut provoquer des brûlures au troisième degré. (Photo Fredon)

Notre région n’est pas épargnée par les plantes invasives. Et certaines, outre les problèmes engendrés par leur colonisation anarchique, sont de véritables dangers pour notre santé. Jeudi, plus de 140 représentants de collectivités assisteront à un colloque sur le thème de ces plantes placées sous haute surveillance.

Datura stramoine, berce du Caucase, raisin d’Amérique et ambroisie à feuille d’armoise. Retenez bien ces noms, car demain, vous aussi, pourriez être concernés par ces quatre variétés de plantes exotiques (au sens premier du terme, qui vient d’ailleurs) qui colonisent champs, jardins et espaces verts de notre région. Végétaux qui peuvent s’avérer dangereux pour la santé humaine.

Les choses sont suffisamment sérieuses pour que la Fredon (Fédération régionale de lutte et de défense contre les organismes nuisibles) et l’Agence régionale de Santé aient décidé d’y consacrer une journée de colloque, jeudi, à l’Agrocampus Ouest, à Rennes. Plus de 140 représentants de collectivités territoriales y assisteront.


Très opportunistes

« Ces plantes sont souvent dans notre région depuis le XIXe voire le XVIIIe siècle, explique Olivier Audras, de la Fredon de Bretagne. Mais depuis dix ans, on assiste à une prolifération difficile à endiguer. Car ces plantes pionnières colonisent les zones qui ont été bouleversées par les terrassements, les constructions, où ont poussé des friches ou des zones d’activité ». Le développement économique et urbain y est pour quelque chose, c’est indéniable.

Autres sources de contaminations, des plantes d’ornement comme la berce du Caucase ou le raisin d’Amérique, qui sortent des jardins et colonisent les campagnes. Ces plantes indésirables peuvent aussi voyager dans des lots de semences contaminées. Le trafic maritime et les échanges commerciaux intenses profitent beaucoup à ces espèces.


Quatre plantes principalement visées

Le colloque de jeudi permettra de faire le point sur les zones colonisées en Bretagne. On y abordera aussi les problèmes sanitaires engendrés et les techniques d’éradication qui consistent souvent à couper et arracher les plantes en prenant une multitude de précautions.

Mais quelles sont-elles réellement ? Et pourquoi faut-il s’en méfier ?

L’ambroisie à feuille d’armoise. Elle est originaire d’Amérique et développe, par exemple, un pollen extrêmement allergisant. On parle de rhumes des foins « puissance dix » qui peuvent entraîner des crises d’asthme chez des sujets qui, habituellement, ne sont pas sensibles à ces gênes respiratoires.

L’ambroisie à feuille d’armoise (Photo Fredon)

La berce du Caucase. C’est une grande plante ornementale qui peut atteindre 5 mètres de haut. Elle peut provoquer des brûlures aiguës si la peau est en contact avec sa sève. Le contact initial avec la peau est complètement indolore. Ce n’est que plusieurs heures plus tard que les brûlures - jusqu’au troisième degré - apparaissent. Car la sève contient des substances photosensibles qui réagissent à la lumière du soleil. Il y a quelques mois, un habitant du Morbihan a voulu arracher à mains nues des berces du Caucase sur sa terrasse. Il a été gravement blessé et admis au centre des grands brûlés du CHU de Nantes.

Le raisin d’Amérique. Il a été importé au XVIIe siècle d’Amérique. Il résiste aux grands froids (-15°) mais aussi au feu qui favorise même sa régénération. Cette plante est intégralement et extrêmement toxique. Elle peut provoquer des diarrhées, des douleurs abdominales, des vomissements et même la mort. Seuls l’arrachage et le fauchage en viennent à bout.

Le Raisin d’Amérique (Photo Fredon)

Le datura stramoine. Cette jolie plante aux belles fleurs blanches en forme de corolles, importée par accident d’Amérique dans des lots de graines de céréales, est extrêmement toxique et pose d’importants problèmes sanitaires car elle affectionne les champs de blé noir et les semis de maïs. Ingéré même à très faible dose, ce végétal, considéré comme un puissant psychotrope, peut entraîner de graves troubles hallucinogènes et de confusion mentale. Une dose de 4 à 5 grammes de feuilles de datura peut contenir une dose mortelle d’alcaloïdes. Ces dernières années, à plusieurs reprises, des personnes ont été hospitalisées pour avoir mangé des produits à base de blé noir, dans lesquels des traces de Datura Stramoine avaient été retrouvées. Les graines de cette plante faisant la même taille que celles du sarrasin, il n’est pas évident de trier le bon grain de celui de cette plante hautement toxique.

Le datura stramoineLe datura stramoine (Photo Fredon)
Pratique
www.fredon-bretagne.com

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