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Pour vivre en bonne santé, riez !

On peut échapper à son destin génétique ! C'est ce qu'écrit et démontre le Pr Gilbert Deray dans un livre* passionnant où il fait état de moyens scientifiquement prouvés de vieillir en bonne santé. Car le chef du service de néphrologie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, rappelle que notre mode de vie et notre environnement ont un rôle bien supérieur à celui de nos gènes, qui ne comptent que pour 25 % dans notre santé. Tout est donc possible grâce à l'épigénétique.

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L'auteur détaille le rôle déterminant, sur la prévention et la guérison des maladies, de comportements aussi ordinaires que la lecture, l'écoute de la musique, l'exercice physique (modéré) ou encore l'alimentation. Et il insiste sur les bienfaits du rire.

Le rire n'est pas un grognement sonore produit pour répondre à des blagues plus ou moins douteuses, note le médecin. C'est un acteur majeur de notre santé et un facteur d'intégration, pur produit de l'évolution des espèces. Pourtant, si « la musique est noble, le rire est au mieux sympathique », regrette-t-il. Pour lui, prendre en charge une maladie d'Alzheimer, un cancer, un infarctus du myocarde ou un diabète en ajoutant du rire au sein de l'ordonnance est une nécessité. D'ailleurs, il explique à ses patients qu'il est vital de retrouver le rire. Pour les convaincre, il leur montre l'IRM cérébrale d'une personne qui rit, « un feu d'artifice », et une autre d'un homme qui ne rit pas, « le noir total ».

« Cercle hormonal et immunitaire vertueux »

Le Pr Deray explique l'origine de ces bienfaits. D'abord sur les gènes. Selon les travaux d'une équipe japonaise, quinze gènes dont l'expression est activée par le rire sont également impliqués dans la réponse immunitaire. D'autres le sont dans le cycle des cellules, donc le risque de cancer, et dans les fonctions intellectuelles. « Cette modification de notre état épigénétique entraîne un cercle hormonal et immunitaire vertueux », peut-on lire. D'ailleurs, chez des patients opérés pour un cancer, la pratique de séances de rire augmente le nombre de certains globules blancs, les lymphocytes T tueurs, qui nous protègent contre les tumeurs et les infections. Autre exemple : le taux d'anticorps dans le lait maternel est plus élevé chez des femmes qui ont bénéficié de séances de 60 minutes de rire deux fois par semaine pendant les deux semaines suivant leur accouchement que chez les autres. Conséquence : leurs bébés sont mieux protégés contre les infections et les allergies.

Le rire agit donc à différents niveaux dans les mécanismes de contrôle des maladies et du vieillissement. C'est pourquoi l'auteur juge urgent que l'on reconsidère sa place dans notre vie. C'est déjà le cas de la Fédération française de cardiologie et de l'American Heart Association, qui précisent que « rire vous aide à garder votre cœur en bonne santé ». D'autres institutions, comme la renommée Mayo Clinic de Rochester (États-Unis), ont intégré le rire dans la prise en charge médicale des patients. « En France, en Europe, le rire comme instrument thérapeutique manque de considération en dehors des clowns thérapeutes pour les enfants hospitalisés », note le spécialiste, qui insiste sur la nécessité de faire changer les choses. Sera-t-il pris au sérieux ? Il faut le souhaiter.

Choisissez votre destin génétique, éditions Fayard, 406 pages, 20 euros

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