Maladies cardiovasculaires

Red Day: un jour de solidarité contre les maladies cardiovasculaires chez les femmes

Porter du rouge pour la bonne cause. Ce mardi marque une nouvelle édition française du Red Day. Une journée durant laquelle chacun est incité à se vêtir d’un vêtement écarlate, afin d’encourager la recherche contre les maladies cardiovasculaires chez la femme. Un fléau sous-estimé.

Chaque année, elles sont près de 9 millions dans le monde à mourir d’une maladie cardiovasculaire selon le mouvement Sauvez le cœur des femmes. Il s’agit de la première cause de mortalité féminine. Pourtant, la recherche reste très orientée vers les hommes. De fait, dans le service de cardiologie de l’hôpital européen Georges-Pompidou, 11 des 26 lits sont occupés par des femmes.

"Si un homme de 50 ans dit 'J’ai mal dans la poitrine', tout le monde dit 'Attention, risque d’infarctus du myocarde'. Mais chez une femme, on n’y pense pas. La femme n’y pense pas, le mari n’y pense pas, le médecin y pense moins.", explique Xavier Jouven, cardiologue de l’hôpital.

Des symptômes moins reconnaissables

Autre obstacle à la recherche : les signaux d’alerte peuvent être moins clairs chez les femmes que chez leurs homologues masculins.

"Il ne faut pas attendre ce qu’on dit toujours, la douleur qui va dans la mâchoire et dans le bras gauche", explique Nicole Karam, cardiologue à l’hôpital européen Georges-Pompidou. "Ça peut être, parfois, simplement la douleur de la mâchoire, ça peut être une petite gêne dans le thorax (…) donc les signes peuvent varier." Elle prévient cependant d’"une espèce d’essoufflement, survenant essentiellement à l’effort", qui peut être un signe d’alerte qui apparaît très précocement."

"Huit fois plus que le cancer du sein"

Isabelle Weill est la présidente de la fondation Ajila, qui a importé le Red Day en France. Cette journée de solidarité existe depuis 12 ans aux États-Unis, et sa première édition hexagonale remonte à 2015. "Les femmes sont moins touchées que les hommes mais en meurent plus, parce qu’elles ne sont pas du tout sensibilisées. Une femme sur trois en meurt et c’est huit fois plus que le cancer du sein", explique-t-elle.

Celle qui pointe du doigt le "tueur silencieux" que sont la cigarette et la contraception encourage les femmes à faire attention à leur santé et à honorer scrupuleusement leur bilan-pilule annuel : "Elles doivent suivre leurs chiffres : cholestérols, glycémie, la tension artérielle… tous ces chiffres qui peuvent être un indicateur en cas de problème."

Et de tirer la sonnette d’alarme :

"La recherche est plus axée sur les hommes, mais il va falloir que ça change. Il va falloir qu’on mette dans les études épidémiologiques ou dans les recherches pas 80% d’hommes et 20% de femmes mais faire au moins 50/50."

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