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Santé: vers une refonte du concours d’entrée en médecine?

Durant la dernière campagne présidentielle, le candidat Emmanuel Macron avait estimé "périmé" et "inefficace" le traditionnel concours de médecine. A la parole, celui qui est entre-temps devenu président de la République a joint l'acte: l'épreuve, réputée impitoyable avec 11,5% seulement des étudiants reçus du premier coup en 2016, devrait afficher un tout nouveau visage à l'horizon de la rentrée 2020. 

Comme l'explique Le Nouvel Observateur, qui a eu un accès exclusif à un rapport émanant d'un groupe de travail mis en place en octobre dernier et qui regroupait des présidents d'université, doyens des filières médicales et paramédicales, ainsi que des représentants des étudiants, un texte de loi, prévu pour avant Noël, devrait transformer le traditionnel (Première année commune aux études de santé) en un "Portail santé." 

Un redoublement impossible

Que va induire cette nouvelle appellation? Toujours selon l'hebdomadaire, la première année devrait être remplacée par un "premier cycle universitaire généraliste" de trois ans, qui devrait amener les étudiants jusqu'à un Master 1 (bac+4). 

Cependant, et devant le flux potentiellement important de postulants que devrait engendrer ce changement, les universitaires ont obtenu que 50 à 70% des étudiants soient sélectionnés par le biais d'un système encore à déterminer. 

Parmi les nouveautés, ce "portail santé" devrait également empêcher les postulants de redoubler. A la place, ces derniers seront réorientés "vers une licence universitaire, a priori scientifique" afin d'éviter l'absence d'orientations après un échec, comme cela peut être le cas actuellement. 

"Nous sommes très attentifs à ce qu'il existe une seconde chance. Cette seconde chance peut prendre une autre forme que le redoublement" avait déjà estimé en début d'année le syndicat étudiant Fage, dans les colonnes du Point

Cette année déjà, le redoublement n'était plus automatique dans six universités françaises en vertu de la mesure "PACES 1"

Intégration facilitée pour des étudiants à bac+2 et bac+3

Autre nouveauté, et probablement la plus importante, souligne L'Obs, la plus grande importance prise par une "mineure santé" dans le cursus de certains étudiants. Toutes les universités françaises seront invitées à proposer ce parcours dans lequel des bons éléments en maths, bio, histoire et philo auront le droit de postuler à une filière médicale. 

Avec l'adoption du PACES 1, cette passerelle est déjà possible dans une plus faible mesure, puisque les étudiants pouvaient, s'il le souhaitaient, assister à des modules complémentaires durant leur scolarité. Problème, cette solution ne semble pas avoir trouvé grâce à leurs yeux, puisqu'un nombre très réduit a tenté l'aventure.

Pour remédier à cette cale sèche, les universités auront, dès l'an prochain, pour obligation de recruter 30% de leurs étudiants, en deuxième ou en troisième année, par ce biais. L'Obs précise que le cas échéant, des modules de remise à niveau pourraient être proposés aux postulants. De plus, cette solution devrait également être possible via Parcousrsup.

Du numerus clausus au numerus apertus

Véritable serpent de mer, l'annulation du numerus clausus, qui restreignait drastiquement l'accès en deuxième année des étudiants, devrait lui aussi être élargi. En janvier dernier dans une tribune du Monde, le député LREM Olivier Véran estimait qu'il était urgent de casser ce plafond de verre. 

"Le numerus clausus n'est qu'un instrument qui empêche les jeunes Français de faire médecine en France", avait-il dénoncé dans les colonnes du Figaro.

"Supprimer le numerus clausus national ne veut pas dire abandonner tout principe de régulation" reprend de son côté le groupe de travail. A la place, sera installé un numerus apertus (ouvert) qui devrait permettre une sorte de moyenne entre "un chiffre plancher et un chiffre plafond", comprendre une plus grande marge de manœuvre. Elle se fera région par région, puis université par université. 

Cette application "ne suscitera pas un appel d’air très important. Il n’est évidemment pas question de multiplier les étudiants par deux. Ce n’est ni souhaitable, ni faisable", estime Frédéric Dardel, président de l’université Paris-V dans les colonnes du Figaro Santé

Ce bouleversement, voulu conjointement par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, pourrait, d'ici à sa validation, subir quelques menus changements, mais les principales lignes sont bien là. 

Avec les universités devront, entre autres, être discutés les critères de sélection à la fameuse 'mineure santé, mais également les capacités d'accueil des établissements. 

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