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Varicelle : qu’est-ce qu’on risque si on l’attrape à l’âge adulte ?

C'est presque une tradition au printemps. Avec les beaux jours, la varicelle revient en force. L'année 2018 ne fait pas exception. Dans son dernier bilan, le Réseau Sentinelles recense 8 foyers régionaux très actifs. Sont touchés, notamment, la Bretagne et les Hauts-de-France.

La varicelle n'a rien de rare en France. Chaque année, 700 000 cas se déclarent. La plupart touchent des enfants de moins de 10 ans. Mais dans un cas sur dix, c'est un adolescent ou un adulte qui en fait les frais.

On le sait, la varicelle est plus sévère chez l'adulte. Mais à quel point ? C'est ce qu'E-Santé a demandé au Pr Jean-Paul Stahl, infectiologue au CHU de Grenoble (Isère).

Les symptômes sont-ils plus prononcés chez l'adulte ?

Pr Jean-Paul Stahl : Chez l'adulte, la varicelle se manifeste de manière plus spectaculaire. La varicelle est une maladie cutanée qui se caractérise par des poussées de vésicules et de la fièvre. Elles peuvent se développer sur les poumons ou dans le cerveau, surtout à l'âge adulte. Cela peut avoir des conséquences plus importantes.

Quelles sont les complications possibles ?

Pr Jean-Paul Stahl : Il y a plus de formes pulmonaires et aussi neurologiques. Dans de rares cas, les atteintes pulmonaires peuvent mener en réanimation. Les formes neurologiques peuvent laisser des séquelles dans 30 à 35 % des cas. Elles peuvent être de tous ordre : paralysie, psycho-sociales… Les encéphalites, en revanche, sont assez graves.

Sur les 700 000 cas de varicelle annuels, 10 % seulement touchent les adultes. Mais cette population représente un quart des hospitalisations, avec les adolescents. 20 décès sont liés à la maladie, chaque année, dont 70 % touchent une personne de plus de 10 ans.

Existe-t-il un risque de stérilité ?

Pr Jean-Paul Stahl : Je n'ai pas connaissance d'un tel risque. Ce n'est absolument pas démontré. On en parle pour les oreillons, mais un tel risque n'existe pas dans le cas de la varicelle.

Qu'en est-il pour les femmes enceintes ?

Pr Jean-Paul Stahl : Si la femme contracte la varicelle autour de l'accouchement, elle risque de contaminer le nouveau-né. Dans ce cas, il est recommandé de la traiter, ainsi que le nouveau-né. En cas de projet de grossesse, il est donc conseillé de faire un point pour identifier les risques. Comme pour toutes les maladies virales ou bactériennes, il est possible qu'une fausse-couche survienne au décours de la maladie.

Alors quel traitement administre-t-on ?

Pr Jean-Paul Stahl : D'abord, il est nécessaire d'hospitaliser le patient. Puis on administre un traitement antiviral.

Est-ce qu'il est possible de prévenir la varicelle ?

Pr Jean-Paul Stahl : Pour certaines personnes, la possibilité d'un vaccin existe. Il s'adresse aux personnes immunodéprimées qui n'auraient pas développé la varicelle auparavant. C'est la seule manière de s'en prémunir. C'est un virus extrêmement contagieux. Si on n'est pas immunisé, il suffit de croiser le virus pour développer l'infection.

Il faut savoir qu'on peut avoir fait une varicelle qui n'était pas très apparente, avec des vésicules dans les cheveux par exemple, et être quand même protégé. La forme clinique n'induit pas plus ou moins d'anticorps. L'immense majorité de la population adulte est immunisée.

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